6 mai 2007. Jean-Marie Le Pen est élu président de la République française. En quelques semaines, il jette le trouble dans les esprits, étouffe l’opposition et met en uvre son programme.
On aurait tort de croire qu’il est arrivé là par accident. On se tromperait tout autant à accuser la seule incompétence de ses rivaux. Ce ne sont pas eux qui ont roulé notre pays au bord de labîme, mais nos institutions, responsables de limpuissance et de limmobilisme de la classe politique.
Notre régime na pas seulement facilité lascension dun enragé ; il lui a permis, une fois au pouvoir, dincarner ses rêves. Le coup dÉtat qui se prépare sera moins luvre dun homme que le chef duvre de nos institutions.
Rien ne sest opposé à lirrésistible succès de Jean-Marie Le Pen. Le plus légalement du monde, il sempare du pouvoir, de tout le pouvoir, et met à bas nos libertés. Taillée à sa démesure, notre constitution lui va comme un gant. Et, comme un gant, il la retourne.
Comment cela a-t-il été rendu possible ?
Comment empêcher cette
tragédie ?
Revue de presse
Dans Si Jean-Marie...
(Éditions Prométhée), Michaël Lainé imagine
que Le Pen est élu président le 6 mai prochain et se met à
appliquer son programme. Comment en est-on arrivé là ? Cest
surtout, dit lauteur, la faute de nos institutions. Et de proposer une
VIe République à son goût. Stimulant.
Jean-Luc Porquet, Le Canard enchaîné, 27/09/2006
Interview de lauteur (France Bleu, « Plein cadre » du 19/10/2006)
Le traumatisme du 21 avril 2002 est toujours là. Tellement présent que plus personne ne peut écarter dun revers de main la plus funeste des hypothèses. Lainé fonce dans la brèche et se livre à un brillant exercice, dune logique implacable. La démocratie connaît quelques soubresauts et meurt aussitôt. De quoi souffrait-elle ? Du désintérêt des citoyens pour laction politique ? Du cancer de la misère et de lexclusion ? De la démagogie ambiante ? Elle était malade de sa constitution, loi fondamentale incapable dencaisser le choc du présent. Le pamphlet est mené tambour battant. Mais après ?
Patrick Berthommeau, Sud-Ouest, 30/10/2006

