À
l’aube des temps, Prométhée trouva l’homme faible et démuni. Il ne pouvait
souffrir le spectacle d’une créature incomplète vouée à disparaître. Outrepassant
les décrets divins, il lui offrit le feu, la science et la technique.
Zeus le punit par l’entremise de Pandore, à l’origine de tous les maux du
monde.
Nos temps modernes ont oublié la leçon que nous donne Prométhée à travers les siècles : c’est par la transgression que l’homme devient lui-même. Non pas celle, factice, à laquelle nous convie la consommation et ses cortèges publicitaires. Mais celle, véritable, d’une rupture avec l’ordre établi.
En
libérant l’art et la pensée de la tutelle du marché, l’homme rompra ses chaînes.
En décolonisant son imaginaire, en osant à nouveau espérer, il balayera les
obstacles que sa résignation lui dresse. Fatalisme et soumission sont l’envers
et l’avers d’une même pièce, celle que jouent les forces aveugles du destin
pour décider de notre avenir.
De plus en plus, le livre est réduit à être le supplément d’âme d’un monde qui en est dépourvu. Les Éditions Prométhée entendent renouer avec une tradition de l’engagement mise à mal par la constitution de grands groupes et la prégnance de logiques financières à courte vue.
Dans un espace politique muré dans le silence du consensus, il est de la plus haute importance de faire entendre une voix discordante. Les Éditions Prométhée s’efforcent de relever ce défi en forme de gageure : assurer la diffusion d’ouvrages exigeants au plus large des publics, ouvrages qui mettent la connaissance au service de l’homme, et ne conçoivent l’écriture qu’en vue de son émancipation.
« La fonction de l’écrivain est de faire en sorte que nul ne puisse ignorer le monde et que nul ne s’en puisse dire innocent » (Jean-Paul Sartre).
Utopie ? Aveuglement ?
L’aveuglement consiste plutôt à blâmer Prométhée de méconnaître l’arbitraire divin et à lui imputer nos malheurs, et non à flétrir Zeus, ordonnateur et magistrat suprême du vivant.
